Champion

Champion

Maria Pourchet

Folio

  • 20 janvier 2020

    culpabilité

    Champion, c’est le nom du loup qui accompagne Fabien et qui devient parfois violent.

    Fabien est interne et ne rentre chez ses parents que quand ceux-ci veulent bien venir le chercher. Cela tombe bien, Fabien n’a pas spécialement envie de rentrer.

    Dans les cinq cahiers qu’il noircit pour sa thérapeute, il nous raconte les semaines avant le drame, le petit monde de l’internat qui est le sien.

    Jamais il n’évoque pourquoi il a été inscrit en internat ni pourquoi il se retrouve dans ce centre de repos à devoir écrire sur des cahiers.

    Nous devinons en lisant entre les lignes qu’un drame familial a eu lieu. Seul le dernier cahier révélera ce que Fabien n’arrive pas à écrire et a préféré refouler.

    J’ai aimé l’humour et le ton décalé de Fabien pour parler de ses congénères, le regard qu’il porte sur le monde des adultes.

    Un roman qui donne la parole à un adolescent mal dans sa peau, mais qui laisse s’échapper son mal-être sous la forme d’un loup.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de son compagnon de chambre qui récite les journaux toute la journée et même la nuit.

    https://alexmotamots.fr/champion-maria-pourchet/


  • par (Libraire)
    8 janvier 2020

    Coup de coeur de Marina

    Si vous ne l'avez pas lu en grand format lors de sa parution en 2015, alors ne le loupez pas en poche ! Ce serait dommage de passer à côté de ce texte acéré où se mêle une apparente légèreté et un drame qui affleure. Que s'est-il passé pour qu'un gamin mal-aimé, mal dans sa peau, se retrouve dans un centre de soins pour adolescent, quel est ce nœud qu'il n'arrive pas à dénouer ? Fabien parviendra-t-il à écrire ce qu'il n'arrive pas à dire ? Un roman à la fois sensible, drôle et émouvant : à découvrir !


  • par
    24 décembre 2019

    J'ai eu un peu de mal à entrer dans le texte de Maria Pouchet, pas loin d'une cinquantaine de pages, et beaucoup de mal à en sortir. Entre temps, je me suis laissé prendre au ton, à l'humour noir et parfois douloureux, incisif et d'autres fois moins lourd : "Chez elle [Mamie], je peux dire des gros mots, en inventer, me taire, ça ne la dérange pas. C'est une personne qui voit toujours où je veux en venir. Elle rigole en permanence, pour rien, comme les gens qui savent à quoi ça ressemble quand il n'y a pas de quoi rire. Un repos. Toutefois, je ne vous souhaite pas qu'elle vous fasse un pull-over, déjà il va puer la Gitane et puis vous seriez obligé de le mettre. D'expérience, c'est quelque chose qui vous rajoute de l'exclusion sur celle que vous subissez éventuellement déjà. Cet après-midi, Mamie est sur un bonnet au point de blé pour mon cousin Paulin. Et c'est bien fait pour sa gueule à ce crâneur." (p. 56)

    Mon avis très favorable, ce n'était pas gagné au départ, je ne suis pas fan des romans vus par des enfants. Mais Maria Pourchet trouve les mots justes, le bon tempo, sait ralentir au accélérer en fonction du message, des circonstances. Elle fait preuve également de beaucoup de talent pour nous raconter l'histoire de Fabien dont on sait qu'un événement douloureux l'a amené dans cette institution puis dans le centre de repos ; on n'apprend rien tant qu'il n'a pas décidé et réussi à le relater.

    Le drame est enfoui, l'enfance déchirée, maltraitée et les adultes pas en meilleure forme. Mais malgré tout cela, le texte n'est pas noir profond, des lumières naissent. C'est aussi cela qui est bien dans ce livre, il n'est pas déprimant -bon, ce n'est pas non plus une anthologie de blagues. Les personnages créés par l'auteure vivent, évoluent sont presque visibles tant ils sont finement décrits.

    Une belle découverte.