Elodie A.

Bel-Ami

Guy de Maupassant

Belin - Gallimard

4,60
28 mai 2011

les deux coqs

Introduction
Le texte que nous allons étudier, est une fable de Jean de la Fontaine intitulée « Les deux coqs ». Jean de la Fontaine est un auteur qui écrit des Fables pour instruire le fils de Louis XIV. Pour cela, il s’inspire de deux auteurs grecs de l’Antiquité : Phèdre et Esope. En cela, il est digne représentant du Classicisme, mouvement littéraire qui prône (encourage) l’imitation des anciens pour atteindre un idéal de perfection. « Les deux coqs » parlent de personne représentés par des animaux. On peut donc se demander en quoi ce texte est un apologue. Pour tenter de répondre à cette question, nous allons tous d’abord nous pencher sur le caractère plaisant de ce récit, ce qui nous amènera ensuite à étudier la morale qu’il contient.

I. Un récit plaisant
A. Une histoire complète

En 32 vers, la Fontaine raconte une histoire dans son intégralité. En effet, on peut observer que les 5 étapes du schéma narratif apparaissent dans ce récit.
La situation initial (vers 1) est très brève, présentation des personnages, les deux coqs : une situation pacifiste. Le verbe « vivre » apparait à l’imparfait à valeur de description l’action n’a pas encore commencé.
L’élément déclencheur : vers 1 et 2, apparition du passé simple : action brève de 1er plan. L’enjambement entre le vers 1 et 2 et la présence en place 1 de la conjonction de coordination « et » qui associe l’arrivé de la poule à « la guerre ». De plus, « guerre » forme une antithèse avec « paix » se qui renforce le caractère perturbateur de cette évènement. Cette élément perturbateur se poursuit jusqu’au vers 5 par une référence de l’Iliade d’Homère. Cette référence épique donne plus de force à cet évènement.
Les péripéties : vers 6 au vers 23 : le vainqueur devient le vaincu. Vers 16 à 18 : montre la préparation progressive du vaincu à la vengeance par une accumulation de verbe d’action qui forme une gradation : « aiguisait, battait, s’exerçant, s’armait ».
Eléments de résolution : vers 24 à 26 est amené par un adverbe temporelle « enfin ». Le vaincu devenu vainqueur revient chez la poule pour faire le coquet dans un dernier retournement de situation. Syllepse de sens : figure de style qui consiste à jouer sur les 2 sens d’un mot. La Fontaine utilise une syllepse sur le mot coquet : - prend soin de son apparence
- sens étymologique petit coq
C’est un jeu de mot qui donne un ton comique, léger, ce qui renforce la caractère plaisant de l’histoire.
Situation final : vers 27 à 32, rétablit l’ordre durable.
En respectant les 5 étapes du schéma narratif, Jean de la Fontaine présente un récit cours mais qui donne à lire une histoire complète, ce qui participe au caractère plaisant de ce récit.
Transition :
De plus, ce récit est écrit en vers, ce qui à comme effet d’instruire, des effets sonores et visuelle apte à plaire aux lecteurs.
B. Un récit en vers

Cette fable est construite avec des alexandrins et des octosyllabes ce qui crée un effet de contraste expressif. L’alexandrin, qui est un vers noble est utilisé pour raconter de manière épique les actions des coqs. L’octosyllabe brise ce rythme et met en relief une expression inattendue. Exemple : vers 9 car « beau plumage » vient briser l’alexandrin car c’est une épithète homérique : « l’aurore aux doigts de rose ».
L’alternance des alexandrins et des octosyllabes crée une diversité qui rend le récit vivant.
La Fontaine joue sur les sonorités :
• Allitération en [k] qui rappelle le caquètement de la poule, ce qui renforce aussi le lien entre coquet et coqs.
• Paronomase : « coquet »/ « caquet »
La Fontaine suggère ainsi un rapprochement entre les 2 mots.

C. Une Fable burlesque

• Comme dans ses autres fables, La Fontaine à recours à la personnification, ici ce sont les coqs à qui ont a attribué une caractéristique humaine (ex : « la gent qui porte crête ») : c’est une périphrase qui désigne les coqs (ex : vers 2).
• Le registre burlesque est instauré avec la référence à la guerre de Troie, en comparant la dispute triviale des coqs à l’épopée raconté dans l’Iliade, en comparant Hélène à une poule, le triviale se mêle au ton noble de l’épopée, ce qui constitue le registre burlesque. Le registre burlesque est présent car coqs se donne des puissances de héros alors qu’ils ne sont généralement pousser que par des instincts primaire : se battre pour avoir la femelle.
La Fontaine donne un ton très solennel à l’évocation de ce combat : « Amour » est personnifié vers 3 : tu: pronom personnelle sujet et toi : pronom personnelle complément
Cette personnification est mise en valeur par l’apostrophe utilise, elle est aussi renforcer par l’allégorie avec Amour.
Allusion au « sang des Dieux » qui dans le récit d’Homère se battis et pris par a cette querelle : Athéna soutenait les Grecs et apollon soutenait les Troyens.
• Il y a un effet de contraste très fort entre les vocations de ce combat mythique et la description des deux coqs au vers suivant (vers 6) ou la majuscule est utilisé pour le mot Coq (animal disgracieux et de bassecour) alors qu’avant la majuscule à « Amour » et à « Dieux » revoyaient à une idée de noblesse, de sacré. C’est ce contraste qui crée le burlesque et ridiculise encore plus les coqs.
La référence à la mythologie permet d’introduire le burlesque mais elle a aussi pour but de donner à cette fable un caractère universel. La mythologie symbolise des attitudes humaines, elle a valeur de vérité générale. Cette comparaison n’est donc pas anodine et permet de donner plus de poids à la morale.
II. L’expression d’une morale

A. Un récit construit sur l’antithèse et le retournement

L’antithèse : figure d’opposition qui consiste en la présence de deux mots opposés dans une même phrase ou un même paragraphe. (Ex : « Il est heureux à la ville et malheureux à la campagne. ») Un effet de contraste est crée par l’antithèse et le met en relief.
L’oxymore : dans ce cas, les deux mots opposés sont accolés. (Ex : le soleil-noir/ aigre- doux/ un bruyant silence). L’oxymore crée toujours une image nouvelle et forte.
Le paradoxe : figure d’opposition qui consiste à énoncer une vérité contraire à la pensé commune. (Ex : « Nos amis sont toujours là, quand ils ont besoin de nous. »). Le 1er effet est de choquer le lecteur, de perturber ses repères. Dans un 2nd plan, le lecteur va être amené à s’interroger sur le sens de cette nouvelle vérité.
On peut constater que cette fable est construite sur une série d’opposition : le 1er est l’antithèse présent dans les deux premiers vers de « paix » (vers 1) et « guerre » (vers 2) accentué par sa place en début de fable qui met la fable sous le conflit, de plus, cette antithèse est comme renforcer par l’assonance en [è] (guerre paix). Ce climat confliquetuelle s’étoffe (grossi) tout au long de la fable avec la mise en opposition de deux champs lexicaux :
• Celui de la guerre (guerre, querelle, sang, combat, vainqueur, vaincu, coups,…)
• Celui de l’amour (amour, Hélène, beau plumage, amours, femmes, …)
On remarque que le champ lexical de la guerre est le plus fourni et c’est effectivement ce thème qui domine sur le récit.
De plus, dans le champ lexical de la guerre, il y a une opposition entre vainqueur et vaincu et beaucoup d’autre opposition. Vers 10 : « Fut le prix du vainqueur // ; le vaincu disparut. »
Césure
L’antithèse vainqueur et vaincu est mise en valeur par plusieurs procédés :
 Ces deux mots sont presque juxtaposés
 Ils sont séparés pas la césure de l’alexandrins, ce qui a comme effet de symétrie, de renvoyer ces deux mots en miroir, comme un chiasme.
 Enfin, vainqueur et vaincu font parti de la même famille de mot : là encore, l’opposition est renforcer par la mise en parallèle.
On peut penser que la Fontaine à particulièrement travailler ce vers car il prépare le retournement final : le vainqueur devient vaincu et le vaincu devient vainqueur, sur lequel s’appuie la moral.
B. Une moral explicite

A l’instar de (comme) la plupart des Fables de la Fontaine, les deux coqs se terminent par une moral explicite qui occupe les 4 derniers vers. Les marques de la moral :
• Retour à la 3ème personne du singulier
• Passage du présent à valeur de vérité général (se plait, travaille)
Les 2 derniers vers sont marqués par l’impératif présent à valeur de fort conseil : ici l’auteur montre explicitement la voie à suivre.
Enfin, l’énonciation des derniers vers produit un effet de généralisation caractéristique d’une moral :
• Passage de la 1ère personne du singulier (je) à la 1ère personne du pluriel (nous) (Ex : prenions- gardons, nous : pronom personnelle complément)
• Présence de l’emploi de tous à valeur généralisant.
• L’article indéfini « une » à une valeur généralisant.
Les 4 derniers vers de cette Fable se présentent ainsi explicitement comme l’énoncé d’une moral.
C. Le sens de la moral

Il faut reste humble en toute circonstance et se méfier de l’excès d’orgueil. L’allégorie sur le mot Fortune vient du terme « destin » qui est apporté par deux mots : le sort (synonyme ) ; fatal (adjectif).
De plus, le groupe nominal de « la Fortune » est en position syntaxique (grammatical) de sujet, ce qui accentue sa puissance d’action. Destin = implacable. Donc le recourt au thème du destin met en évidence le caractère inexorable (inéluctable) de cette moral.
Le mot « Fortune » est représenté par une roue, c’est une allusion à la roue de la fortune qui montre bien que l’homme est constant, soumis au retournement de situation. Cette image est reprise par « coups ». L’orgueil est explicitement condamné : insolemment caractérisé par vainqueur, il est épithète, c’est un adjectif négatif à connotation négatif épithète du substantif vainqueur de connotation positive. Le sens de l’adjectif renverse les valeurs positives du nom suivant le même procédé que le retournement de situation dans l’histoire le vainqueur devient vaincu.
De plus, la connotation négative se renforce avec l’expression « sa perte », il y a donc bien ici un blâme de l’orgueil, explicitement désigné comme nuisible à l’homme.
« Défions nous du sort, // et prenons garde à nous »
Diérèse 6 Césure 6
Ce vers est un alexandrin régulier avec une césure à l’hémistiche ce qui va très bien avec le ton grave et solennelle d’une moral. De plus, la diérèse accentue le verbe « défions » qui est un élément important de cette moral, mais la Fable se termine sur un octosyllabe qui vient briser le rythme noble de la moral. Cette rupture est cohérente avec la moral car c’est précisément au moment d’une victoire que le risque d’orgueil se produit.